Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

16/09/2010

"Mal nommer les choses, c'est ajouter au malheur de ce monde..." Camus or not ?

camus.jpgOn prête cette pensée fort juste, et citée fréquemment par François Bayrou ces temps-ci, à Albert Camus. Lui doit-on réellement ? Même l'agrégé de lettres classiques qui préside le Mouvement Démocrate semble en douter, faute de références, les voici :

Dans "L'homme révolté", Camus écrit : "La logique du révolté est […] de s'efforcer au langage clair pour ne pas épaissir le mensonge universel."

Mais c'est dans son essai de 1944, "Sur une philosophie de l’expression", paru dans "Poésie 44" et concernant les travaux de Brice Parain sur le langage , que Camus résume ainsi l'idée profonde de Parain : "Mal nommer un objet, c'est ajouter au malheur de ce monde. Et justement la grande misère humaine qui a longtemps poursuivi Parain et qui lui a inspiré des accents si émouvants, c'est le mensonge. Sans savoir ou sans dire encore comment cela est possible, il sait que la grande tâche de l'homme est de ne pas servir le mensonge."(1)

Cette citation est donc bien de Camus, bien que la pensée qui l'initia fut de Brice Parain, philosophe et ami d'Albert Camus.

(1) Albert Camus, Oeuvres complètes, tome I, La Pléiade, p.908

Commentaires

Merci mille fois pour la précision.
Meilleures salutations.

Écrit par : Dominique Fradet | 18/09/2010

Mal nommer les choses par mauvaise intention et mauvaise foi(cf.GIONO)...OU par un mouvement de révolte...Therèse au pays des "merveilles"/des misères (la vallee des larmes)n'est.elle pas ALICE Nommant le noir blanc et ...?

Écrit par : Mohammed | 08/02/2011

C'est pour cela que nous travaillons sur un dictionnaire précis et collaboratif qui permet de bien nommer les choses et d'obtenir des consensus. Merci encore pour cette notice

Écrit par : Theo H | 24/08/2011

Merci infiniment. J'ai passé un bon moment à chercher cette réponse !

Écrit par : Françoise Denis | 15/03/2012

En 2001, j'ai médiatisé cette expression de Camus que j'avais noté dans un carnet au cours de mes lectures. Puis, quelque temps après, lors d'une rencontre à l'ambassade de France en Belgique, j'ai remis à Finkielkraut un de nos textes qui reprenait la citation. Un ou deux ans plus tard, une thésarde m'a contactée pour savoir d'où était tirée cette expression, je pensais qu'il s'agissait dan son livre " Chroniques algériennes " que j'ai relu pour m'en assurer mais sans succès ! Cela n'était pas sans me tracasser. Je suis donc contente de connaître ici son origine et d'apprendre comment elle est venue à Camus. Merci!

Écrit par : Sara Brajbart-Zajtman | 18/02/2015

Écrire un commentaire